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La réelection de George W. Bush accélère
la défaite globale des islamistes

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6 novembre 2004

George W. BushE

n l’espace d’un mois, trois élections démocratiques se sont succédées en Afghanistan, en Australie et aux Etats-Unis, et elles ont toutes légitimé la lutte contre le fondamentalisme islamiste menée ardemment par les dirigeants en place. Ces succès stratégiques doivent être analysés.

Il va de soi que la victoire électorale du Président sortant revêt une grande signification sur le plan intérieur. Elle montre que la population américaine n’a pas été influencée de manière décisive par les manipulations des médias traditionnels, par la propagande de Michael Moore, par l’activisme des stars multimillionnaires, par l’argent de George Soros, par l’hystérie partisane de MoveOn.org, par les menaces d’Oussama ben Laden ou par les pressions de la communauté internationale. La perte d’influence de l’intelligentsia de gauche constitue ainsi un phénomène digne d’intérêt, surtout lorsqu’il résulte avant tout de l’action décentralisée d’individus mis en réseau et renforcés par la technologie. La capacité des weblogs américains à démontrer en 12 heures le caractère grossièrement factice des mémos utilisés par la chaîne CBS pour attaquer George W. Bush illustre cette réalité nouvelle.


«... La Maison Blanche a retrouvé toute sa liberté d'action ; ses opérations en cours s'en trouvent renforcées, sa capacité de dissuasion multipliée et ses opportunités renouvelées. »


Ces élections doivent cependant être considérées avant tout sous l’angle de la politique extérieure. Malgré le penchant des commentateurs européens à opposer une Amérique républicaine bigote et patriote à une Amérique démocrate ouverte et cosmopolite, les valeurs n’ont pas été le pivot du scrutin : les sondages complets de CNN montrent que 87% des opposants à la guerre en Irak ont voté Kerry alors que 85% des citoyens favorables ont voté Bush, et la sécurité nationale a donc décidé du vote présidentiel. En d’autres termes, les citoyens américains ont plébiscité la stratégie de l’administration Bush : combattre les fondamentalistes musulmans sur leur propre sol et saper les bases de leur essor en répandant la démocratie, la liberté d’expression et l’éducation. Les clichés réducteurs de nos médias ne font qu’illustrer leur ignorance du conflit mondial auquel nous prenons part.



L'offensive islamiste dans l'impasse

Dans ce cadre, la réelection de George W. Bush constitue naturellement un événement majeur. De la même manière que les élections parlementaires de l’automne 2002 ont légitimé sa réponse aux attentats du 11 septembre, le soutien des électeurs légitime sa décision ambitieuse d’instaurer une démocratie en Irak. Et elle souligne crûment l’impuissance des islamistes et de leurs alliés, qu’il s’agisse de perpétrer un attentat sur le sol américain ou d’imposer la perception – presque intégralement adoptée par les médias – d’un chaos inéluctable en Afghanistan ou en Irak. Quelle que soit la politique qu’aurait finalement adoptée une administration Kerry, la défaite de Bush n’aurait certainement pas manqué d’être interprétée comme une victoire des ennemis des Etats-Unis, et elle les aurait encouragés à redoubler d’efforts. La majorité des Américains leur a au contraire infligé une défaite cuisante.

Le soutien du public constitue à la fois la force et la faiblesse d’un dirigeant démocratique. La force, parce que son obtention par les urnes fournit une légitimité unique, une latitude d’agir au nom de la collectivité pour une durée déterminée ; la faiblesse, parce que ce soutien devient presque automatiquement le centre de gravité stratégique du Gouvernement dès lors qu’il s’engage dans un conflit. En déclenchant une opération militaire destinée à renverser la dictature de Saddam Hussein, malgré l’absence d’ailleurs reconnue d’une menace imminente, l’administration Bush s’est lancée dans une offensive aussi prometteuse que risquée sur une terre essentielle à la rhétorique islamiste ; et si ses Forces armées ont fait preuve d’une efficacité impressionnante dans l’invasion comme dans la contre-insurrection, il n’en demeure pas moins que le soutien populaire à domicile reste sa faiblesse principale.

Invincibles à Bagdad ou Kaboul, mais vulnérables à Washington, les Etats-Unis étaient ainsi figés par l’échéance du 2 novembre. A force d’entendre le discours louvoyant de John Kerry, leurs alliés étaient plongés dans le doute et l’expectative, alors que leurs ennemis ont tenté d’infliger aux forces américaines des pertes susceptibles d’influer sur la campagne. Mais la confirmation éclatante reçue par George Bush a trahi leurs espoirs et mis un terme à une parenthèse stratégique ouverte deplus plusieurs mois. La Maison Blanche a retrouvé toute sa liberté d’action ; ses opérations en cours s’en trouvent renforcées, sa capacité de dissuasion multipliée et ses opportunités renouvelées. Les premières déclarations de George W. Bush, après la confirmation de sa réélection, ne laissent d’ailleurs aucun doute à ce sujet : les Etats-Unis vont continuer à mener la guerre contre le terrorisme avec la totalité de leurs ressources – militaires, politiques, économiques et cognitives.

A l’inverse, leurs ennemis voient le pire se produire : quatre années supplémentaires d’une administration décidée à changer le monde et à combattre ceux qui s’opposent à la démocratie. Pour les islamistes en particulier, cette réélection est un désastre : pourchassés aussi bien en Asie Centrale qu’en Afrique du Nord ou sur la péninsule arabique, incapables d’influencer les élections australiennes, américaines et afghanes, discrédités par leurs attentats qui massacrent de nombreux musulmans, les mouvements affiliés à Al-Qaïda ont perdu l’une des dernières chances de reprendre l’initiative et de tourner le conflit à leur avantage. L’Irak est ainsi devenu un piège mortel pour les islamistes : ne pas combattre revient à accepter l’instauration d’une démocratie au cœur même du califat historique, et combattre revient à tuer avant tout des Irakiens. Le piège se refermera encore davantage si les élections irakiennes se déroulent à la date prévue et de manière régulière dans la majorité du pays.

L’offensive lancée au début des années 90 par les islamistes apparaît aujourd’hui dans l’impasse. La défaite afghane a précédé la saignée irakienne, et les dirigeants d’Al-Qaïda adoptent peu à peu des propos désabusés et plaintifs. L’engouement contagieux des Afghans pour leur élection présidentielle a ruiné les croyances selon lesquelles la démocratie ne s’exporte pas, et l’état d’esprit des Irakiens n’est pas différent ; privée de victoires, l’idéologie du jihad perd de son attrait et peine à recruter. Ce que les Américains semblent avoir compris, c’est qu’ils ont pour ennemi une idée, et qu’il vain de tuer les hommes qui la portent sans lui opposer une autre idée – et ainsi conquérir les esprits. Mais l’islamisme continue de se répandre là où il ne rencontre aucune opposition digne de ce nom, c’est-à-dire en Europe et en Afrique. Il est donc bien possible que les islamistes admettent l’erreur consistant à attaquer frontalement les Etats-Unis, et décident de reprendre l’initiative en s’attaquant en première priorité aux maillons faibles du monde occidental. Et se créent ainsi de nouveaux ennemis.

Par conséquent, la génération actuelle d’islamistes va au-devant d’une défaite globale, et la réélection de George Bush accélère ce processus. Cela ne préjuge pas des actes dévastateurs et vains qu’elle peut commettre, en particulier sur le sol européen, mais réduit la probabilité de voir la prochaine génération être aussi nombreuse et virulente. Autant s’en réjouir, sans baisser la garde un seul instant.



Lt col EMG Ludovic Monnerat  









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